OFFICE DU NIGER : 3,6 milliards passés à la casserole

La mauvaise gestion, les détournements et la fraude sont érigés en mode de gestion à l’Office du Niger, du moins si l’on en croit le rapport 2017 du Vérificateur général qui annonce un montant de plus de 3,6 milliards de nos francs passés à la casserole.

Tel un éléphant dans un magasin de porcelaine, Mamadou Baré Coulibaly et son équipe cassent tout à la direction de l’Office du Niger. Une mission de vérification du Bureau du Végal a permis de mettre à nue les agissements de la bande de bandits en col blanc qui pullulent à l’Office du Niger.

La vérification a porté sur les recettes propres, les subventions et les dépenses de régie, les achats par constat simplifié et par bon de commande, et les marchés. Sur la régularité et la sincérité des opérations, les agents du bureau du vérificateur ne reviennent pas de leurs constats. Ils ont découvert de nombreux dysfonctionnements sur les opérations de recettes et de dépenses couvrant la période allant de 2015 à 2016.

Au chapitre des manquements aux recettes, le PDG de l’Office n’a pris aucune disposition pour recouvrer les arriérés de campagnes agricoles portant sur plus d’un exercice dont le montant s’élève à plus de 3 milliards de nos francs. Pis, ces créances sont classées en « report nouveau débiteur ». Comme si cela ne suffisait pas, le Directeur administratif et financier a minoré le chiffre d’affaires de la campagne 2015. Cette situation a occasionné un manque à gagner de plus de 400 millions de francs CFA. Mieux, il a présenté une comptabilité irrégulière dans laquelle il est inscrit : « report nouveau débiteur » une subvention obtenue par la compensation de la dette fiscale, entre autres.

Au chapitre des manquements sur les opérations de dépenses, le Vérificateur général a constaté que l’Office du Niger ne dispose pas de registre pour les offres. Le chef du service procédures et marchés a passé des marchés sans mise en concurrence. Il n’est pas le seul. Son supérieur de PDG a à son tour passé des marchés sans l’autorisation du Conseil d’Administration. Il a engagé l’Office pour des contrats dépassant les 100 millions de nos francs. Mamadou Baré s’est adonné à des activités de favoritisme au profit d’entreprises de fournitures de matériels bureautiques pour un montant de plus d’un milliard, alors même que cette entreprise ne remplit point les obligations fiscales auxquelles elle est normalement assujettie. Autre fait gravissime, le PDG a engagé des dépenses supérieures au budget dont il dispose pour l’exécution du contrat en question. Le DAF de l’Office a procédé à des décaissements sans justificatifs et au paiement d’avances sur de carburant des années 2015 et 2016. Aussi, a-t-il financé du carburant comme appui au fonctionnement du ministère pour plus de 10 millions de FCFA sans aucune base juridique et sans une demande expresse de la part du département.

Le chef de la cellule approvisionnement et logistique a à son tour fait sortir plus de 1000 litres de carburant de façon irrégulière en 2016. Ce sont là, entre autres, dérives découverts par le Bureau du Végal.

Au total, ce sont 3,689 milliards de nos francs qui sont passés à la   casserole.

Ils se répartissent comme suit: au titre de la fraude, 728 280 sorties de tickets irrégulièrement. 18 millions de décaissements injustifiés et 9,9 autres millions sur le compte des projets, soit un total de plus de 29 millions FCFA. Au titre de la mauvaise gestion, ce sont plus de 3 milliards d’arriérés non recouvrés, 88 millions dus à la minoration du chiffre d’affaires; 12 millions de pénalités de retard non appliquées; 13 millions de dépenses de carburant injustifiées; 20 millions de frais de publicité non éligible; 23 millions d’émission de chèque régulière, soit 3,660 milliards de nos francs.

C’est un véritable scandale financier que le Vérificateur général a découvert à la Direction de l’Office du Niger. Ces irrégularités financières de plus de 3,6 milliards de nos francs sont dues pour la plupart au fait du prince du jour.

Les raisons de la mauvaise performance de l’Office du Niger sont désormais connues. C’est une indiscipline budgétaire, une mauvaise gestion et des détournements à la pelle qui empêche au géant agricole d’atteindre les objectifs d’autosuffisance alimentaire dans le pays. Comme en terrain conquis, le Président-directeur général, Mamadou Mbaré Coulibaly, et son équipe se la coulent douce à la sueur du pauvre contribuable.

Dans son rapport, le bureau du vérificateur a été on ne peut plus clair et il appartient à la justice de faire son travail.

Nous y reviendrons.

 

Hamadoun KARA

(Visited 4 times, 1 visits today)

About The Author

Vous pourriez être intéressé par :

LEAVE YOUR COMMENT

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.