CONTRE LES HEPATITES AU MALI: Un programme national souhaité pour maîtriser ce tueur silencieux

Partagez sur :
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’hépatite est l’une des maladies les plus mortelles au Mali. Selon l’OMS, les hépatites virales tuent bien plus que le paludisme, la tuberculose et le VIH/Sida. Mais, curieusement, ce tueur silencieux semble se nourrir aussi du silence voire de l’indifférence des autorités politiques et sanitaires du Mali. Cela, malgré les campagnes de sensibilisation et de plaidoyer des personnes infectées et/ou affectées réunies au sein de SOS Hépatites Mali.L’hépatite B est une maladie infectieuse du foie due au virus B qui attaque directement cet organe. Selon des spécialistes, 50 % des formes chroniques évoluent vers la cirrhose, le cancer du foie et la mort du patient si le diagnostic n’est pas posé et le traitement fait à temps.

Il existe cinq types de virus de l’hépatite (désignés par les lettres A, B, C, D et E), particulièrement inquiétants en raison de la morbidité et de la mortalité qu’ils occasionnent et des flambées épidémiques qu’ils peuvent entraîner. Les virus des types B et C, entraînent particulièrement une hépatite chronique chez des centaines de millions de personnes et sont la cause la plus courante de cirrhose et de cancer du foie.

Les hépatites A et E sont généralement causées par l’ingestion d’aliments ou d’eau contaminés. Les hépatites B, C et D surviennent généralement à la suite d’un contact parentéral avec des liquides biologiques infectés (transfusion de sang ou de produits sanguins contaminés, actes médicaux invasifs pratiqués avec du matériel contaminé). L’hépatite B met en cause la transmission de la mère à l’enfant à la naissance ou d’un membre de la famille à un enfant, et aussi par le contact sexuel.

Parfois, l’infection aiguë n’entraîne que des symptômes limités ou passe inaperçue. Et d’autres fois, elle se manifeste par une jaunisse (jaunissement de la peau et des yeux), des urines foncées, une asthénie, des nausées, des vomissements et des douleurs abdominales. Le virus de l’hépatite B est essentiellement présent dans le sang, le sperme et dans les sécrétions vaginales d’une personne infectée. Il peut demeurer vivant environ 5 à 7 jours à l’air libre.

Une fois le virus dans l’organisme, les symptômes ressentis sont très similaires à ceux d’une grippe, c’est-à-dire, fatigue, fièvre, maux de tête, perte d’appétit, jaunisse, urine foncée, selles pâles, diarrhée… Un certain pourcentage des personnes infectées par le virus de l’hépatite B ne ressentent aucun symptôme. Par contre, elles sont tout aussi susceptibles de contaminer d’autres individus que ceux qui le ressentent.

La période d’incubation du virus dans l’organisme est de 60 à 90 jours durant laquelle il est possible de ressentir quelques symptômes. Après la période d’incubation survient la phase aiguë. Durant celle-ci, plus de la moitié des personnes infectées ne ressentent aucun symptôme. Environ 95 % des gens par exemple contaminés par le VHB parviendront à se débarrasser du virus lors de cette phase aiguë.

Par contre, 5 % risquent d’en mourir à ce stade. Les autres, soit environ 5 %, passeront à la phase chronique après 6 mois. A ce stade, le foie se dégrade graduellement et cela peut conduire à une cirrhose puis un cancer du foie.

Actuellement, il existe certains médicaments pour traiter le VHB en phase chronique, tels la Lamivudine et l’Interféron. Ces traitements n’apportent pas de guérison mais ils offrent un contrôle du virus afin de prévenir d’autres dommages à votre foie. Par ailleurs, si votre organisme a éliminé le virus de l’hépatite B par son propre système immunitaire, vous détenez des anticorps à vie pour ce dernier.

La lutte s’organise au Mali par les personnes infectées et/ou affectées par les Hépatites

A titre préventif, il est fortement recommandé de se faire vacciner contre l’hépatite B. Habituellement, il est administré en combinaison avec le vaccin de l’hépatite A et est appelé Twinrix.

Selon l’OMS, cette affection chronique (hépatites A, B et C.) touche des centaines de millions de personnes et cause près de 1,4 million de décès chaque année dans le monde. Au Mali, selon M. Boubou Diallo dont les publications sur les réseaux sociaux nous ont alertés par rapport à cette maladie, les hépatites constituent une gangrène qui mine la jeunesse.

«Au Mali, les hépatites constituent tant par leur fréquence que par la morbidité et la mortalité causées, un véritable problème de santé publique», rappelle fréquemment Mme Touré Djénéba Samaké, présidente de SOS Hépatite-Mali. Une alerte inquiétante visant à susciter une réaction politique à la hauteur de la menace. Il y a vraiment du feu en la demeure avec un taux de prévalence se situant entre 30 et 60 % au Mali.

Dans notre pays, environ 20 % de la population sont concernées avec près de 54,6 % de jeunes de 25 à 30 ans qui ont été déjà en contact avec ce virus. De l’avis de certains spécialistes, 15,5 % de femmes enceintes et 21 % des patients séropositifs au Sida/VIH sont porteurs chroniques du virus B.  Et le virus de l’hépatite B est 100 fois plus contagieux que celui du VIH car il résiste à l’alcool, et à l’éther ainsi qu’à une température de 60° pendant quatre heures de temps.

Au Chu Gabriel Touré, il y a trois ans, 60 % des malades du foie étaient atteints de cancer et 71 % étaient de cirrhose. D’où un vibrant appel aux autorités maliennes pour la subvention des médicaments de cette pandémie qui coutent très chers comparativement aux pays voisins.

«Après sa nomination comme ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Pr. Samba Sow avait rencontré les responsables de l’Association SOS Hépatites Mali venus lui soumettre leurs préoccupations. Il a été surtout question du coût élevé du traitement qui revient à près de 125 000 F Cfa par mois et par malade», a expliqué Ousmane Abou Diallo dit Boubou, Responsable de l’entreprise «Eau Développement Sahel-Mali» et très actif dans la sensibilisation et le plaidoyer contre cette maladie.

Un constat qui avait amené le ministre d’instruire à la Pharmacie populaire du Mali (PPM) de faire des efforts dans ce sens.  Celle-ci avait alors commandé 100 000 doses cédées aux patients au prix de 7 000 F à la Pharmacie Initiative de Bamako (contiguë au CHU Gabriel Touré). Et cela sur présentation des ordonnances délivrées par le Professeur Assène Konaté, chef de service en charge des Hépatites au CHU Gabriel Touré. Gastro-entérologue et membre de l’Association SOS Hépatites.

N’empêche que la prise en charge est très difficile au Mali à cause du difficile accès au traitement. C’est pourquoi, ceux qui ont les moyens se font soigner à l’extérieur, notamment en France, au Maroc, en Tunisie, etc.

D’où l’urgence que les autorités sanitaires et politiques comprennent que l’hépatite est aujourd’hui un problème de santé publique dans notre pays et qu’il faut des mesures énergiques pour circonscrire les menaces qu’elle fait peser sur les populations maliennes, notamment les ados et les jeunes.

Et cela d’autant plus, comme le rappelle si bien Boubou Diallo, «les hépatites sont des maladies qui évoluent silencieusement. Les sujets infestés traînent des années avant de développer la maladie. Les hépatites font plus de ravage dans la couche juvénile que le Sida». D’où la nécessité d’instituer un Programme nationale de lutte contre les hépatites.

Et cela d’autant plus que, dans notre pays, le Haut conseil national de Lutte contre le Sida a abattu de gros efforts (prévention et traitement etc..) pour stopper la propagation du VIH considéré comme mal du siècle. Et il est clair qu’un Programme national de lutte contre les hépatites sera salutaire pour les populations de notre pays. C’est pourquoi sa création est le cheval de bataille de SOS Hépatites Mali depuis des années !

Moussa Bolly

 

(Visited 1 times, 1 visits today)

About The Author

Sur le même sujet :

LEAVE YOUR COMMENT

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook