Quand Mahmoud Dicko cache mal son vrai dessein : «Je ne suis pas un potentiel candidat à la présidentielle…»

Samedi au palais de la Culture,  Mahmoud Dicko, leader religieux et ancien président du Haut Conseil Islamique, a lancé officiellement son mouvement politico-religieux. Plus qu’un opposant politique, l’imam  Dicko, a farouchement critiqué le régime actuel.  Mais aussi curieux que cela puisse paraitre, il a tenu à dire ceci : «  je ne suis pas un potentiel candidat… ».

Comme si son statut de leader d’opinion ne suffisait pas, surtout ajouté à celui d’emblématique président sortant du Haut Conseil Islamique, finalement, l’imam Dicko, signe son arrivée sur la scène politique. Le mouvement qui le porte dans cette nouvelle aventure, s’intitule : ‘’ Coordination des Mouvements, Associations et Sympathisants de l’Imam, Mamoud Dicko’’.

«  Après le 5 avril 2019, je me suis sentis  comme redevable envers les fidèles musulmans du Mali. Je ne pouvais pas m’asseoir et ne plus rien faire » a déclaré l’imam Dicko. Par la même occasion, il a soutenu, que c’est cet état d’esprit qui, lui a poussé  à créer cette coordination.

D’après lui, bien avant de valider  la création de cette coordination, il s’est rendu à Nioro du Sahel, pour prendre l’avis du Cherif Bouyé. «  Bouyé me l’a permis » a-t-il indiqué.

Après cette mise au point, il est revenu, sur les propos qui lui ont été rapporté suite à sa marche du 5 avril. Des propos, qui selon lui, étaient de nature à le qualifier comme un semeur de troubles à l’ordre public.

Dans cet exercice de justification, il dira, qu’il n’est ni faiseur de roi,  encore moins faiseur de Président, mais une personne qui veut être faiseur de paix. C’est pourquoi,  il a soutenu ne jamais être contre les amis historiques du Mali, notamment la communauté Internationale. «  Mon problème, c’est le Mali » a-t-il déclaré. Et d’ajouter : «  Mon combat est contre ceux qui ont trahi le peuple malien ».

Pour lui, tous les maux que,  le Mali vit actuellement sont dus à la confiscation de la révolution de mars 1991. «  Ils ont donné une autre orientation à cette  révolution » a-t-il dénoncé.  Pour pousser le public de croire en  son analyse, il dira, qu’il fut un acteur très important dans l’avènement de la démocratie au Mali. Pour ceux qui pourraient douter de lui, il les oriente vers Oumar Mariko, pour confirmation.

Un plat trop salé pour son ancien employeur !

Le ton par lequel l’imam Dicko s’exprimait ce jour, n’avait rien à envier à celui de ‘’Ras Bath’’ ou de Tiéblen Dramé (au moment où celui-ci  était dans l’opposition). Comme  ‘’Opposant politique bien aguerri’’, il a sévèrement critiqué le régime, sous lequel il a eu du renom.

Très remonté contre son ancien employeur, l’opposant Dicko a d’abord dénoncé la mal gouvernance. Pour lui, au lieu de chercher à résoudre les problèmes, les gouvernants  essayent plutôt de distraire le peuple. Suite à cela, il jette un gros caillou dans le jardin présidentiel. «  Ce qui va faire céder la digue est cette gouvernance catastrophique », s’est-il lâché.

De passage, comme pour éviter, les  vrais raisons qui ont prévalu à son départ de la tête de la  mission de ‘’ Bons Offices’’ ordonnée par le Président de la République, l’imam Dicko, se montre moins bavard sur le sujet. Pour lui, il n’est point nécessaire de donner des détails par rapport à cette mission. Car estime-t-il,  «  Le diable est dans les détails ».

Cependant, curieusement il finira par entrer dans certains détails.  Il s’agit de la libération des soldats maliens qui étaient détenus en otage. «  Après leur libération, je n’ai jamais été remercié » s’indigne-t-il.

Par ailleurs, il a apporté une précision de taille par rapport à la nomination de Boubou Cissé à la Primature. Sans partir par le dos de la cuillère, il dira que Boubou Cissé, en tant que peuhl est bien son fils. Cependant, il a bien mentionné que cette considération, ne pourrait en aucune des manières l’empêcher de se dresser contre ce dernier en cas de mauvaise gestion.

L’imam Dicko, contre le dialogue politique inclusif ?

A l’analyse des propos de Mahmoud Dicko, il reste évident qu’il aura du mal à prendre part ou accorder un intérêt particulier au dialogue politique inclusif tel qu’entrepris.

«  On nous appelle encore à un dialogue politique, ce dialogue est-il la volonté du peuple ou celle du prince ? » s’est-il  interrogé.

A ce niveau aussi, l’imam Dicko a passé un long temps à se plaindre du président de la République. Il justifie indirectement sa venue sur la scène politique du fait que ce dernier ne lui aurait pas prêté une oreille attentive après tant de conseils.

D’ailleurs par rapport à cette nouvelle aventure, il précise les choses. «  Je ne suis pas un candidat potentiel » a – t – il déclaré. Ensuite, il ajoute : «  Que ceux qui sont mal à l’aise  avec cette idée se tranquillisent maintenant ».

Cela, sauf que l’opinion publique nationale a du mal à saisir le vrai dessein de l’ancien président du Haut Conseil Islamique. Lequel jouit déjà d’une grande respectabilité en tant que personnalité religieuse, mais pour bien surfer sur cet estime populaire, il vient d’ajouter sur son chechia religieux une casquette politique. Pourquoi ?

A noter que cette cérémonie a enregistré la présence du ministre des Réformes Institutionnelles et des Relations avec la Société Civile, Amadou Thiam et plusieurs responsables de partis et de mouvements politiques.

Par Moïse Keïta

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